Pourquoi La Poste a suspendu vos colis vers les États-Unis
La décision est postale, la cause est américaine, et la sortie est écrite sur la même page que la suspension.
Mis à jour le 11 octobre 2026 · 7 min de lecture
Ce que La Poste a écrit exactement
Le 17 septembre 2026, envoyer certains produits aux États-Unis est devenu impossible via les offres Colissimo grand public — au guichet et sur laposte.fr. L'annonce est brève et nomme sa cause : la procédure américaine.
« nous devons suspendre momentanément l'expédition de ces produits spécifiques via les offres Colissimo grand public, à partir du 17 septembre 2026. »Ce n'est pas une décision française isolée. La Poste écrit que toutes les postes européennes doivent adapter leurs formulaires de déclaration au nouveau process douanier américain, ce qui fait de cette affaire une histoire européenne plutôt que française.
« toutes les postes européennes sont dans l'obligation d'adapter leurs formulaires de déclaration au nouveau process douanier américain. »Quels produits sont visés
Les catégories que nomme La Poste sont celles que la CPSC encadre le plus : articles pour enfants, jouets, bijoux fantaisie, électronique, articles de sport, et produits ménagers dont les bougies.
« certains produits tels que les articles pour enfants, les jouets, les bijoux fantaisie, les produits électroniques, les vêtements et les articles de sport, font l'objet d'une déclaration renforcée, nécessitant un formulaire douanier spécifique et une pré-inscription obligatoire pour l'expéditeur de ces produits sur le site du CPSC »Deux choses méritent d'être retenues. La liste n'est pas fermée, et La Poste le dit elle-même : un produit tranquille aujourd'hui peut être nommé demain. Et cette liste est une lecture postale d'une règle américaine : ce qui décide au bout du compte, c'est qu'une règle de la CPSC nomme votre produit, pas la case dans laquelle un transporteur l'a rangé.
« Cette liste n'est pas exhaustive et susceptible d'évoluer à tout moment. »Comment on en est arrivé là, en trois dates
La suspension n'est pas tombée du ciel. C'est la troisième étape d'une séquence partie de Washington et arrivée dix semaines plus tard au guichet d'un bureau de poste français.
D'abord, le 8 juillet 2026 : les données du certificat cessent d'être une chose qu'on conserve pour devenir une chose qu'on dépose, avant l'arrivée de la marchandise. Ensuite, les transporteurs, qui sont ceux qui déposent, doivent construire un moyen de récolter ces données auprès de chaque expéditeur — c'est ce que décrit La Poste quand elle dit que les formulaires doivent être adaptés. Puis, le 17 septembre, les offres grand public ferment pour les produits concernés, parce qu'un formulaire qui ne peut pas porter les données ne peut pas porter le colis.
« Depuis le 8 juillet 2026, la Consumer Product Safety Commission (CPSC) impose le dépôt électronique préalable des certificats de conformité pour les produits de consommation importés soumis à une norme de sécurité »La quatrième date est déjà publiée : le 22 octobre 2026, quand la CPSC exigera des certificats déposés électroniquement pour les envois postaux. Quelle que soit la procédure postale après cette date, elle ne ressemblera pas à celle de septembre.
« La CPSC exigera des certificats déposés électroniquement pour les envois postaux, via un Full ou un Reference Message Set, à partir du 22 octobre 2026. »Ce qui reste ouvert
La suspension vise les offres grand public. La Poste renvoie les expéditeurs professionnels vers deux de ses offres, à une condition : avoir fait la démarche auprès de la CPSC.
« Des envois via Colissimo Facilité et Chronopost Pro sont possibles pour les expéditeurs professionnels ayant déjà fait la démarche auprès du CPSC. »Cette phrase est toute la carte. « Avoir fait la démarche » veut dire pouvoir produire les données de certificat pour chaque colis — soit les trois identifiants du Registry, soit l'ensemble des éléments sur l'annexe.
« l'identifiant du produit (Product ID), l'identifiant du certificateur (Certifier ID), l'identification de version (Version ID). »Ce que coûte le fait de l'ignorer
Deux chiffres circulent, et tous deux viennent des transporteurs, pas de nous. La Poste mentionne une pénalité pouvant aller jusqu'à cinq mille dollars par colis non conforme. Colissimo décrit des frais de stockage appliqués par les autorités américaines quand un colis attend.
« soumis à une pénalité pouvant s'élever jusqu'à 5000$ par colis. »« Des frais de stockage pourront alors être appliqués par les autorités américaines, à hauteur de 0,08 USD par kilogramme et par jour ouvrable de stockage au-delà de 5 jours de stockage »Que l'un ou l'autre tombe sur un colis donné, personne ne peut le promettre. Ce qui est certain, c'est la chose qui ne coûte rien et change tout : un colis qui porte ses données n'est pas celui qu'on met de côté.
Que faire cette semaine
Commencez par savoir si votre produit est concerné, ce qui prend quelques questions et ne coûte rien. Une partie des boutiques ne l'est pas : leur produit n'est nommé par aucune règle exigeant un certificat, et leur colis demande une déclaration plutôt qu'un certificat.
S'il l'est, l'ordre qui fait gagner le plus de temps est : rassembler auprès de votre fabricant ce que le certificat demande, ouvrir le compte CPSC, émettre le certificat, puis enregistrer le produit pour que chaque colis porte trois identifiants plutôt qu'une page entière.